LES TEMPS LITURGIQUES

La vie humaine a besoin de rythme.
En musique, l’harmonie vient de l’alternance des temps forts et des temps faibles ainsi que des pauses. Il en est de même dans la vie chrétienne, comme dans toute célébration.

Nous retrouvons cette notion dans l’année liturgique où l’on célèbre l’histoire du salut : histoire qui part de la promesse faite à Abraham, traverse l’Ancien Testament, arrive à Noël et aboutit à la Parousie (retour du Christ à la fin des temps, appelé aussi eschatologie). Il y a donc un dynamisme de l’histoire du salut, une idée de progression, un chrétien est toujours en devenir.

Dans le nouveau Testament, la Pâque chrétienne célèbre, non plus la sortie d’Égypte, comme dans l’ancien Testament  mais le passage de la mort à la résurrection du Christ.

Même évolution pour les autres fêtes : La pentecôte juive célébrait le don de la loi, la pentecôte chrétienne le don de l’esprit, etc.

Ainsi, le rythme cosmique est devenu mémorial historique. L’année de l’Église, au lieu d’être un éternel retour est un perpétuel devenir : la ligne a ouvert le cercle, pour former une spirale.

Le cycle liturgique chrétien

Il est fondé sur la venue du Christ :

  • En un temps précis de l’histoire (Préface de la nativité : « Engendré avant le temps, il entre dans le cours du temps.
  • En un lieu précis.

A la naissance du Christ, commencent les derniers temps. C’est le temps de l’Église sous la mouvance de l’Esprit, qui durera jusqu’à la Parousie : second avènement du Christ glorieux. Ce sera la fin du temps de la foi, car l’homme verra son Sauveur face à face. Nous serons alors à la fin des temps, à la parousie, qui signifie ‘présence’ du Christ glorieux.

Historique du cycle liturgique chrétien.

Dès la résurrection de Jésus, les chrétiens se sont réunis le premier jour de la semaine pour ‘rompre le pain’ et fêter la résurrection. C’était le dimanche. Ainsi, les premiers chrétiens se démarquaient des juifs qui fêtaient le sabbat le septième et dernier jour de la semaine.
C’est le tout premier cycle liturgique : il est hebdomadaire.

Au IIe siècle apparaît la fête annuelle de Pâques. C’est la fête du ‘dimanche des dimanches’ qui donnera naissance en aval aux 50 jours qui  conduisent à la Pentecôte et en amont aux 40 jours préparatoires du carême.

La cinquantaine pascale, de Pâque à Pentecôte, est comme un seul et grand dimanche, dimanches « de » Pâques et non « après » Pâques, où l’on se tient debout en l’honneur du ressuscité, où la lecture des Actes des apôtres remplace celle de l’ancien testament, où le cierge pascal est allumé, où la couleur blanche indique la transcendance de Dieu, où l’alléluia festif est retrouvé.

St Irénée, au IIe siècle demande de ne pas plier le genou le dimanche en signe de résurrection et St Augustin, au IVe siècle dit : ‘le dimanche nous prions debout en signe de résurrection’.

Dès le lundi de Pentecôte, le cierge pascal retrouve sa place aux fonts baptismaux et la lecture de l’ancien Testament la sienne en première lecture le dimanche.

Ce n’est qu’au IVe siècle qu’apparaît la fête de Noël, instituée pour lutter contre l’hérésie arienne qui niait la véritable humanité de Jésus. Ce deuxième  cycle va de l’Avent à l’épiphanie : Noël-épiphanie indissociables.

Entre ces cycles se situe le temps ordinaire qui n’a d’ordinaire que le nom, puisque c’est toujours la célébration du mystère pascal. Ordinaire veut dire ‘dans l’ordre’.

A ces cycles des mystères du Christ : le temporal, est venu s’ajouter un cycle de fête des saints : le sanctoral.

L’année liturgique est une anamnèse[1] perpétuelle :

Toute fête est anamnèse, elle se célèbre en trois dimensions : hier, aujourd’hui, demain. Ex. : Noël : Il est venu ; il vient aujourd’hui ; il reviendra. C’est le ‘déjà là’ et le ‘pas encore’

Il n’y a de mémoire chrétienne qu’en communauté, en assemblée. Le sens du mot ‘commémoration’ est : Se mettre ensemble pour faire mémoire. Pour nous, c’est se souvenir de l’alliance et de la promesse.

« Au commencement et avant le temps, le Verbe était Dieu. C’est lui qui a voulu naître dans le temps des hommes et devenir le sauveur des hommes » [2]

Marie-Jeanne Ribier


[1] Par l’anamnèse, on se fonde sur le passé, pour vivre le présent et aller vers l’avenir.

[2] Messe du jeudi des Féries du Temps de Noël, antienne d’ouverture

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