FLEURIR LE TEMPS ORDINAIRE

Joie

Avec la fête de la Pentecôte s’achève le temps pascal, les 50 jours qui font comme une seule fête, un seul « un grand dimanche ».

Nous entrons dans ce que l’Église appelle « le temps ordinaire ». Qu’est-ce à dire ? Si l’on regarde dans le dictionnaire, nous voyons : « Qui est dans l’ordre commun, habituel » – « qui a coutume d’être, de se faire, d’arriver. »

Dans l’évangile de Saint Jean au chapitre 21, nous voyons les disciples partir à la pêche… Jésus n’est plus là, il est ressuscité et ils reprennent leur vie quotidienne de pêcheur, leur vie ordinaire. Après la pentecôte commence le temps de l’Église et nous y sommes !

Pour nos compositions florales, le temps ordinaire n’est pas synonyme de laideur ou de laisser-aller, loin de là ! Il signifie plutôt beauté, simplicité, sobriété.

Nous abandonnons le fleurissement du cierge pascal – qui lui, est déposé dans les fonts baptismaux depuis le soir de Pentecôte – pour  privilégier le fleurissement de l’autel, parfois de l’ambon. Ne négligeons pas le bouquet d’accueil là où cela est possible : il dit que quelque chose va se passer, que l’on est attendu. Il signifie parfois une fête particulière. Il n’est pas à proprement parler un bouquet « liturgique », mais il est important.

Utilisons les fleurs et les feuillages qui nous sont donnés en cette saison : pivoines, pied d’alouette, marguerites, roses, lys etc. Ne pas oublier les « accords » ! Accord avec la liturgie, accord avec les saisons, accord avec le lieu.

Surtout, oui surtout, ne pas oublier qu’à chaque eucharistie est célébré le mystère pascal : c’est cela qui est primordial dans nos compositions. Importance, oui, de lire les textes de la messe, mais attention au figuratif ! Nos bouquets sont là pour dire la beauté et la bonté de Dieu, non pour nous raconter l’évangile. Les fleurs n’ont rien à nous dire, sinon rendre grâce au créateur et donner à l’assemblée une nature transfigurée qui l’aide à prier. Elles sont là, simplement  dans leur beauté naturelle, offertes en action de grâce.

Ne donnons pas aux fleurs plus d’importance qu’elles n’en n’ont… qu’elles aient leur juste place et juste leur place. Sachons disparaître : notre service accompli, nous n’avions fait que ce que nous devions !

Bons et beaux fleurissements !

Marie Nathanaël et Christiane